Archives pour la catégorie WORK/ DETAIL

UNE AVENTURE (2018)

Film 16 mm, Couleur, Sonore, 35 minutes produit avec le soutien du Centre International d’Art et du Paysage de Vassivière.

Ce film a été tourné en Février 2018 sur l’île-de-Vassivière, avec Jean-Louis (75 ans), compagnon du devoir maitre charpentier et avec Manuel  (26 ans) son apprenti. Pour ce projet, je leur ai demandé de venir sur l’île pour y réaliser un radeau grâce à des outils traditionnels et avec les arbres trouvés sur place (morts ou malades).

De la coupe du bois, aux déplacements des matériaux et à la construction du radeau tout a été fait à l’échelle de l’Homme, à mains nues. Cette île existe depuis les années 70, l’année où le barrage EDF a été construit dans cette région du Limousin. Au temps du tournage, île-de-Vassivière nécessitait une gestion forestière particulière car ses arbres morts ou malades peuvaient mettre en danger les promeneurs. Ce projet mène une recherche sur les gestes d’appréhension du paysage et la relation à la matière. L’image cinématographique agit comme un prolongement de la pensée. Je questionne la géologie et à la transformation des ressources naturelles.

Nous les voyons ensemble dessiner un plan, le dessin d’une construction à venir. Nous les suivons dans la forêt avec leur outils: hâches, scies, tournevis manuel etc… Ils coupent et abattent les arbres , les portent à bras nus pour les stocker près de la rive. Sur plusieurs jours, en plein hiver, on les suis façonner ensemble… un radeau.

 

TRACER LE VIDE (2017)

Film tourné en 16 mm et Super 8, Noir & Blanc, Couleur, Muet, 8 minutes.
Œuvre dans la Collection du Centre National des Arts Plastiques et Graphiques (CNAP).

« Tracer le vide (2017) est une vidéo qui alterne des images en couleur (pellicule 16mm) et en noir et blanc (Super 8) par laquelle l’artiste filme des sujets arpentant avec des cordes les côtes qui unissent l’Italie et la France, dans la recherche inépuisable d’attachements. La nature cyclique de ces gestes est ainsi traduite par la résurgence d’images que l’on pourrait qualifier de mentales, et par leur contraste technique, qui brouille les pistes d’une narration linéaire. Les cordes, qui s’accrochent avec une force vibrante à la roche, dessinent des lignes interprétées comme des propositions, des énoncés sur le besoin primordial de créer un lien entre individu et territoire. De par leur structure architecturale, elles bâtissent des fondations temporaires que Rebecca Digne conçoit comme des trajectoires allant occuper et transformer l’espace. L’effet fébrile des cordes en tension contraste désormais avec des nœuds, lieux où les tensions psychiques se rassemblent en se resserrant. Tim Ingold, dans le développement de son analyse anthropologique consacrée à l’action de dessiner dans l’espace, suggère que, même en présence des nœuds, la ligne continue son parcours et avance dans l’enchevêtrement d’autres nœuds, une sorte de métaphore de la vie, présentée comme une prolifération de queues de comètes3 . Ces postulats résonnent avec le travail de l’artiste, qui souligne à plusieurs reprises l’oscillation entre lien et perte, une dynamique qu’elle accepte et qu’elle traverse, avec un geste, simple : tracer. »

Alessandro Gallichio, 2017

EPURE (2015)

Video HD, Couleur, Sonore, 2 minutes 30 produit grâce au soutien de La Fondation des Artistes. 

Atelier de Jean-Louis Valentin, Maître charpentier: ici c’est le façonnage du bois qui intéresse l’artiste, son écriture pour en permettre la construction. Deux hommes tracent des lignes à la craie. Figures abstraites, géométriques. Ce qui pourrait être la fin du film évoque ce qu’il pourra en advenir en même temps que ce qui a été créé. Constructions, gestes et couleurs, mélange de temps et de supports. Gestes anciens et modernes se mélangent pour convoquer différentes temporalités, ce que Rebecca filme aurait pu être filmé hier ou au contraire demain. Le film est projeté à l’intérieur d’un environnement bleu évoquant à la fois les notions d’altitude et de profondeur.

We are in Jean-Louis Valentin’s Studio, carpenter. Here it is the shaping of wood that interests the artist, his writing to allow the construction. Two men trace lines with chalk. Abstract, geometric figures. What could be the end of the film evokes what could happen at the same time as what was created. Constructions, gestures and colors, mix of time and supports. Ancient and modern gestures mix to summon different temporalities, what Rebecca filmed could have been filmed yesterday or on the contrary tomorrow. The film is projected inside a blue environment evoking both the notions of altitude and depth.

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ROUGE (2014)

Film tourné en Super 8 et 16 mm, Couleur, Sonore, 2 minutes et 30 secondes produit grâce au soutien de la Fondation des Artistes.

Des verriers produisent une matière brute, rouge. On ne voit de leur savoir faire que leurs mains, leurs gestes, des outils posés dans l’atelier. Comme une force primitive, une matière scintille, où se mêlent le rouge incandescent et   des transparences dorées. Devenue poudre rouge parsemée d’éclats de verre, elle est charriée dans des brouettes. Une vue plus large de l’atelier montre les brouettes alignées, de grandes machines qui semblent fonctionner seules. Le film convoque différentes temporalités, l’action ancestrale de l’homme pour transformer la matière ressurgit sous les machines industrielles.

Glassmakers produce a raw, red material. We only see their know-how doing their hands, their gestures, tools placed in the workshop. Like a primitive force, a matter sparkles, where glowing red and golden transparencies mingle. It has become a red powder strewn with shards of glass and is carried in wheelbarrows. A wider view of the workshop shows the wheelbarrows aligned, large machines that seem to work alone. The film summons different temporalities, the ancestral action of man to transform the material reappears under industrial machines.

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CLIMATS (2014)

Vidéo HD, Couleur, Sonore, 5 minutes 30 secondes.
Œuvre dans la collection de la Fondation François Schneider.

« Les films de Rebecca Digne sont des évocations énigmatiques qui saisissent l’espace de projection ou d’exposition comme un « lieu de résistance face au temps ». L’image, à la fois sujet et médium, est exploitée comme un territoire où s’entremêlent des enjeux liés à la question de l’attente, du temps, de l’identité, du geste ou du rituel. Climats a été tourné dans l’atelier de Rebecca Digne au retour de son voyage au Japon. Au centre de l’espace est disposée une maquette de son atelier dont le sol est couvert de terre noire. Une pluie artificielle inonde la pièce et sature l’image. Cette vidéo constitue une étape dans la carrière de l’artiste qui travaillait jusque-là avec de la pellicule 16 mm et Super8. A partir d’un geste simple et non-narratif, Rebecca Digne démontre que le cinéma est moins une affaire de format que de syntaxe entre des espaces et des durées – quotidiens et rituels »

« Rebecca Digne’s films are enigmatic evocations that capture the projection or exhibition space as a «place of resistance to time». The image, both subject and medium, is exploited as a territory where issues related to the question of waiting, time, identity, gesture or ritual are intertwined. Climats was shot in Rebecca Digne’s studio on her return from her trip to Japan. In the center of the space is a model of his workshop whose floor is covered with black earth. Artificial rain floods the room and saturates the image. This video is a step in the career of the artist who previously worked with 16 mm film and Super8. Using a simple, non-narrative gesture, Rebecca Digne demonstrates that cinema is less a matter of format than of syntax between spaces and durations – daily and ritual. »

Gallien Déjean, 2014

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HANDCUFFS (2010)

Film Super 8, Couleur, Muet, 1 minute.

Deux mains passent un cadenas dans une barre de fer qui immobilise les mains d’une autre personne.
Les mains maintiennent le cadenas pour tourner la clef et le verrouiller. La séquence passe en boucle.
Le geste est lent et répétitif.

Two hands pass a lock in an iron bar that immobilizes another person’s hands.
The hands hold the lock to turn the key and lock it. The sequence loops.
The gesture is slow and repetitive.

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RASSEMBLER-FOUILLER (2011)

Film 16 mm, double projection avec projecteurs 16mm, Muet, en boucle.

Une installation en diptyque de deux films 16 mm projetés. D’une part Rassembler, une femme s’empresse de fourrer des vêtements dans un sac, vide un placard. Plans du le visage de la femme, et de ses mains en action. De l’autre Fouiller.  Concentrés, trois hommes vident le contenu d’une fourgonnette et éparpillent au sol les vieux vêtements et les objets à mettre au rebut. La camera est resserrée sur le haut de leurs corps vus depuis l’intérieur du véhicule. La précipitation de leurs gestes et le son des projecteurs 16mm inscrivent un sentiment d’urgence.

A diptych installation of two 16 mm films projected. On the one hand, Rassembler, a woman hastens to stuff clothes in a bag, empties a closet. Shots of the woman’s face, and her hands in action. From the other Search.  Concentrated, three men empty the contents of a van and scatter the old clothes and objects on the ground. The camera is tightened on the top of their bodies seen from inside the vehicle. The haste of their gestures and the sound of the 16mm projectors indicate a sense of urgency.

RASSEMBLER-FOUILLER-Installation views

Vue d’installation, OpenStudios de le Rijksakademie Van Beeldende Kunsten à Amsterdam (2011)

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Vue d’installation à Art-o-Rama, Marseille. Solo Show avec la Galerie Jeanine Hofland Contemporary Art (2012)